Indre-et-Loire : le budget communal, un casse-tête

Source : NRCO 28/11/19 Olivier Prouveau


La maire de La Croix-en-Touraine explique comment les élus « construisent » leur budget annuel, socle de la commune. Les finances publiques, un sujet mal connu des administrés.


Comptable de profession et trésorière de l’association des maires d’Indre-et-Loire, la maire de La Croix-en-Touraine joue et jongle avec les chiffres. Pourtant, quand Jocelyne Cochin parle budget de sa commune, elle admet que l’exercice est périlleux, laborieux, étonnant. « Le budget d’une commune n’a rien à voir avec celui d’une entreprise. Une entreprise, c’est simple, il y a des résultats, un bilan, des écritures, des comptes clients, bancaires, fournisseurs… Pour notre budget communal, on a une double comptabilité partagée avec le Trésor public (l’Etat). En résumé, on émet des mandats auprès du Trésor (à Amboise pour La Croix-en-Touraine et tout le secteur), et lui paye. En mairie, on ne voit pas l’argent passer, il n’y a pas un centime ! On a des régies communales et tous les chèques ou liquidités qu’on touche vont au Trésor. C’est tout un jeu d’échanges de factures, justificatifs, devis, appels d’offres. En termes de volume de documents administratifs, c’est énorme ! Quand on voit nos bordereaux de mandats, c’est impressionnant ! »


Jocelyne Cochin se souvient de sa prise de fonction en mairie de La Croix-en-Touraine il y a vingt-cinq ans : « Je me disais alors : “Comment font-ils pour équilibrer le budget ? ” On part d’un budget primitif, avec recettes et dépenses de fonctionnement, investissements, on n’est pas conscient de ce qu’on a en caisse et c’est perturbant, mais on s’y fait ! ». La maire répète : « On devrait pouvoir gérer notre commune comme une entreprise ». Sauf que la commune « tourne » avec de l’argent public, et c’est bien là l’énorme différence avec le privé.


80 % du budget « contraint »


La maire explique comment elle monte son budget primitif en début d’année, de 1,5 million pour 2.309 habitants : « Je regarde mes recettes, subventions, dotations (en baisse de 30 % ces dernières années), les recettes réelles dont celles des taxes locales, habitation, foncier. Je regarde les dépenses dont les salaires, les emprunts. Puis ce qui reste, après avoir tout financé, va à l’investissement, environ 200.000 €, ce qui me permet d’investir pour 600.000 € ». En effet, avec 200.000 € d’autofinancement, l’élue peut emprunter autant et obtenir autant de subventions. L’investissement va aux routes, matériels, dans des « nouveaux projets » (voirie, écoles…). Si la commune se lance dans un gros équipement, telle une salle polyvalente, « on en prend pour dix ans de remboursement », et de paralysie financière de la commune.


Près de 80 % de son budget (comme partout) est « contraint », figé, enchaîné aux dépenses obligatoires, mais Jocelyne Cochin ne se plaint pas : « Ma commune fait partie de celles qui ont un peu d’argent, et nous avons une comptable. Tout est dématérialisé aujourd’hui. Ma fille, maire du Boulay (près de Château-Renault), n’a pas les mêmes facilités ». Elle salue le Département « qui nous aide bien avec les fonds des communes rurales ». Jocelyne Cochin, 76 ans, prendra sa retraite de maire en mars, et conclut : « On prend des coups comme élu, mais je ne me plains pas. Ca a été un bonheur pour moi ! »



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